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JOURNEE MONASTIQUE

 

En décembre 1998, le monastère Trappiste de St. Sauveur, a été définitivement reconnu comme une « Fondation Trappiste Cistercienne de l’Ordre (OCSO).

 

Les frères qui le forment sont en majorité de nationalité libanaise, d’autres sont d’origine française ou syrienne.
Tous ont découvert que Dieu n’est pas une défense, une loi, une limite, mais une Vie, une Présence de Visage, un Amour intérieur à eux-mêmes qui les invitait à l’aimer. Ils ont découvert qu’en s’abandonnant à cet Amour qui s’est livré pour eux, ils répondaient à ce désir d’infini qui habite au fond de tout homme : « tu nous as fait pour Toi, et notre cœur est insatisfait tant qu’il ne se repose pas en Toi », disait jadis saint augustin, après des années de recherche anxieuse.

 

Pour nous, cisterciens, notre recherche s’est concrétisée dans l’appel de saint Benoît au début de sa Règle : « Quel est l’homme qui désire la vie et voir des jours heureux ? Voici, répond-il, que dans sa tendresse, le Seigneur nous indique le chemin de la vie ». Et saint Benoît continue plus loin : « A mesure que l’on progresse dans une sainte vie et dans la foi, le cœur se dilate, et l’on court alors dans la voie des commandements de Dieu avec une indicible douceur d’amour. »

 

C’est cette règle que les fondateurs de Cîteaux ont prise pour guide dans leur recherche du bonheur, car elle leur a apparu comme un condensé de vie spirituelle. Elle s’inspirait directement de la Parole de Dieu dont le Christ est l’expression. Règle remarquable pour son équilibre entre ses éléments :
• la prière commune, l’office qui réunit les frères sept fois par jour
• le travail manuel, et les services communautaires
• l’enseignement, la lecture, la méditation, la prière personnelle

Règle qui a pour garant des siècles de vie monastique, au cours desquels, elle fut source de vie pour chaque nouvelle génération.

 

La prière commune, dans le concret, l’ensemble des offices du jour et de la nuit suivent globalement le cursus proposé par saint Benoît : à la fin de la nuit, l’office des Vigiles, met le cœur du moine en éveil, dans l’attente du Seigneur, selon le conseil de Jésus : « Veillez et priez ». Ce début de chaque jour, le temps entre les Vigiles et les Laudes est particulièrement consacré au silence, il est favorable à la prière personnelle et à la lecture.

La journée elle-même commence par l’office des Laudes, au lever du jour. Laudes veut dire « louanges ». On loue Dieu pour sa grandeur, pour sa beauté, pour son amour. Les laudes sont suivies en semaine de la messe concélébrée.

 

Puis le jour est ponctué par les « petites heures » : Tierce en début de matinée, Sexte au milieu de la journée, None en début d’après-midi avant de repartir au travail déjà commencé le matin. Ces petits offices créent un rythme qui favorise pour le moine la mémoire incessante de Dieu dans sa vie la plus quotidienne. Une bonne part de la journée est donnée au travail, dans la matinée et l’après-midi. Après le travail, l’office des Vêpres, offrande du soir, réunit les frères, pour une prière où, en union avec les hommes du monde entier, ils présentent au Dieu très bon la journée qui vient de s’écouler, avec ses joies, ses peines et ses fruits.

 

 

Puis avant le coucher, une dernière prière, Complies, recommande à Dieu, notre Père, la nuit qui vient et son repos et la place sous la protection de la vierge, « miséricordieuse, aimante et douce ».

Dans la journée du moine, une bonne part est donnée au travail, le matin et l’après-midi. LE TRAVAIL MANUEL est facteur d’équilibre. Il permet de développer sa personnalité, et aussi de faire vivre la communauté et d’aider d’autres qui sont dans le besoin. C’est un aspect d’entraide et charité.

L’emploi du temps des frères se diversifie selon leurs dons et leurs responsabilité : certains se livrent davantage au travail manuel, d’autres davantage à l’étude et à la formation , d’autres encore à l’Accueil, point important de la Règle bénédictine.

 

 

La vie cistercienne s’épanouit dans un climat de silence qui favorise la prière en toutes choses. La communication n’est pourtant pas absente. Elle s’exprime par le service mutuel, les prévenances, les attentions des uns par rapport aux autres. Mais aussi dans les échanges communautaires et la collaboration au plan du travail.

 

Dans l’intimité de son cœur, le moine se sait mandaté par l’Eglise pour la prière ; il se sait « au cœur de l’Eglise ». Aussi reste-t-il relié dans sa prière avec ses frères du monde qui pour la plupart cherchent Dieu, eux aussi, d’une manière, peut-être sans le savoir, et qui souvent dans l’épreuve.

 

« Le Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde » disait Pascal. Le moine s’unit en son cœur à cette agonie de ses frères les hommes, et cherche à les soutenir mystérieusement par sa prière. Son désert se trouve habité intérieurement par le drame des hommes, par leurs souffrances, par le visage des incroyants, des pêcheurs et des saints. Séparé de tous, le moine est uni à tous dans sa prière.

 

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