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NOTRE HISTOIRE

 

Le processus de la fondation de St. Sauveur, a connu un cheminement relativement long.

 

Les Appels de l’Eglise Libanaise

Depuis 1960 jusqu’à 1983, l’Eglise libanaise n’a pas cessé d’interpeller les trappistes du monde et particulièrement la communauté du monastère de Latroun, en Terre Sainte, composée en partie d’un bon groupe de frères libanais, à venir implanter la vie trappiste au Liban. Toutefois, la réalisation d’un tel projet rencontra un certain nombre d’obstacles qu’il nous a fallu affronter successivement.

 

Difficulté à saisir le motif de la requête de l’Eglise libanaise

L’Ordre eut une grande difficulté à saisir la requête de l’Eglise libanaise pour une implantation trappiste en terre libanaise, reconnue depuis des siècles, comme le berceau de la vie monastique contemplative. Or la motivation de la requête de l’Eglise libanaise se basait sur la nouvelle réalité existante à l’époque au Liban où les Ordres libanais, soucieux de protéger la communauté chrétienne contre les influences des missions étrangères islamiques et sectes, ont dû, non seulement, combler le vide laissé par les communautés missionnaires qui diminuaient en nombre et effectif à cause de la première et seconde guerre mondiale, mais aussi, pour défendre la doctrine de l’Eglise, là où aucune communauté missionnaire étrangère ne pouvait le faire. Tout cela amena les moines à se livrer à une certaine activité pastorale au détriment de leur vocation monastique et contemplative. D’où la nécessité d’un soutien externe, comme les trappistes, pour rétablir l’équilibre.

 

Les étapes de réalisation

En 1963, un groupe de 6 moines de Latroun, était venu s’installer à Ktalé dans le diocèse de Beyrouth, sous la juridiction de Mgr. Ignace Ziadé. Durant la période de préparation et d’installation un premier obstacle est survenu à la suite de l’exigence de l’évêque qui voulait que les moines s’occupent de la pastorale des paroisses voisines. Sur ce, les moines fondateurs qui n’ont pas voulu commencer leur implantation par un faux pas, se retirèrent e le projet fut annulé.

En 1975, un nouvel appel de l’Eglise libanaise, plus insistant que le premier, fut adressé à l’Ordre pour qu’il entreprenne la fondation trappiste en terre libanaise. La réponse des trappistes d’alors fut positive, mais le déclenchement de la guerre libanaise a fait suspendre sa réalisation.

En 1982, Mgr. Youssef Khoury, évêque de Tyr, réitéra les appels précédents et insista pour que l’implantation des trappistes se réalise en dépit de la guerre.

Or entre1960 et 1982, le nombre des moines de Latroun avait nettement diminué et la réalisation d’une fondation par un groupe étoffé était difficile. Cependant, se sentant désormais plus impliquée dans les aspirations de l’Eglise libanaise, la communauté de Latroun se disposa à faire quelque chose en dépit de la guerre qui continuait a semé ses ravages au Liban.

En 1983, L’Abbé de Latroun, en la personne de Dom Paul Sauma, envoya le P. Joseph Fahd poursuivre ses études liturgiques à l’USEK au Liban, plutôt qu’à Rome, et étudier en même temps les possibilités de travail au Liban.

 

Les trappistes au Liban

Entre 1983 et 1984, et en marge de ses études, le P. Joseph Fahd, s’efforça :

1- à établir de profondes relations avec les autorités de l’Eglise libanaise dans tous ses rites, au moins catholiques.

2- A faire connaître les trappistes dans les différentes régions libanaises.

3- A prendre contact avec un plus grand nombre des aspirants à la vie monastique.

En 1984, nous avons ressenti le besoin d’avoir un pied – à - terre propre aux trappistes au Liban, qui serait un point de référence pour nos amis et aux aspirants de la vie monastique.

Les sœurs maronites de Ste Thérèse, nous cédèrent alors, un local à Shailé, une dépendance du « wakf » de la paroisse de Shailé, dans le diocèse de Mgr. Michaël DOUMITH, évêque de Sarba, sur les hauteurs des collines voisines, dominant la mer et la ville de Jounieh. De là, le P. Joseph exerça un vaste rayonnement et commença à accueillir auprès de lui les aspirants à la vie monastique.

En Mai 1985, le local de Shailé devenant trop étroit, le besoin d’un local plus spacieux s’avérait impérieux. Le Nonce Apostolique de l’époque, Mgr. Angeloni, qui suivait de près le mouvement trappiste au Liban nous proposa d’occuper le couvent de St. Nicolas dans le village d’Aramoun, qui était le seul « Wakf » en Orient, relevant de l’autorité du St. Siège, donc de la Nonciature.

En juin 1985, et après avoir effectué les formalités requises entre la Nonciature et Latroun, Le P. Joseph accompagné de quelques jeunes allèrent prendre possession du dit couvent St. Nicolas.

A St. Nicolas, l’Ordre trappiste eut encore un large rayonnement au sein de l’Eglise libanaise, auprès des fidèles comme auprès du clergé et des différentes communautés religieuses, lesquelles entouraient d’une grande sympathie la petite communauté naissante.

De là aussi, plusieurs groupes de jeunes allèrent prendre connaissance avec la maison mère à Latroun (Terre Sainte) et d’autres postulants y allaient pour s’initier à la vie monastique.

Avec son installation à St. Nicolas, la communauté a obtenu le statut d’être désormais une « Annexe de Latroun ».

Toutefois la communauté allait être marquée désormais par la croix. Déjà dès de son installation à St. Nicolas la communauté a beaucoup enduré pendant trois ans de la présence de neuf familles de réfugiés, des déplacés de la guerre.

Ensuite, elle a eu à souffrir de l’état délabré des locaux sujets à l’humidité et à la détérioration du fait de son abandon depuis un long temps.

Et en dernier lieu, la communauté fut sujette à une grande persécution de la part des agents du Wakf, lesquels craignaient beaucoup la croissance de la communauté et surtout son installation définitive dans les lieux, chose qui menaçait beaucoup leurs profits financiers qui provenaient des propriétés du Wakf. Toutes ces épreuves qui semaient en nous l’incertitude de l’avenir, nous conduisirent à devoir changer de lieu.

 

Le couvent de St. Sauveur

Tous nos soucis et nos aspirations ont été exprimés à sa Béatitude, le Patriarche Nasrallah Sfeir, qui affectionnait beaucoup notre communauté. Sur ce, sa Béatitude, nous proposa de nous offrir le couvent de St. Sauveur, propriété annexe du monastère de N.D. des Champs, moniales contemplatives, avec lesquelles nous étions déjà en bonne relation et qui relevaient directement de la juridiction patriarcale.

En juillet 1992, quelques semaines après l’entrevue avec le Patriarche, la communauté de St. Nicolas commença son second déménagement au couvent de St. Sauveur, situé sur le fronton d’une colline, dominant la ville de Jounieh et toute la région environnante, au bas du village de Dlebta - Kesserouan, dans le diocèse de Jounieh.

St. Sauveur, n’était pas grand mais plutôt un petit couvent, constitué d’une petite chapelle, de trois chambres et d’une salle voûtée, d’une petite grange ainsi que de quelques baraques qui servaient de logement aux forces libanaises lors de leur séjour sur les lieux.

Il nous a fallu nous adopter aux lieux et vivre la vie monastique dans la pauvreté des fondations.

- Dans la première période, notre travail consista à aménager les locaux existants pour les rendre habitables.

- Dans la seconde période, nous avons orienté nos efforts, pour établir les fondements d’une économie locale, en aménageant les locaux pour la production des différents produits, comme le fromage, le vin, la confiserie, les conserves, une série de productions artisanales et un poulailler.

- Dans la troisième période, nous avons oeuvré à réaliser la construction des locaux de la vie régulière indispensables à l’épanouissement de la vie monastique.

- Dans la quatrième période, nous avons réalisé la construction, d’une maison d’accueil qui offrirait à nos hôtes un accueil digne, comme le demande St. Benoît.

Entre temps, la croissance de la communauté a fait son chemin. De fait l’entrée progressive de vocations donna une plus grande réalité à la constitution de notre communauté, chose qui conduisit les autorités de l’Ordre à élever la communauté de St. Sauveur, du rang « d’Annexe » au rang de « Fondation », en décembre 1998. Depuis, la présence trappiste au Liban est devenue une réalité concrète du corps ecclésial de l’Eglise libanaise, et devint un point de référence de vie monastique contemplative d’où la sympathie et l’attachement de l’Eglise à la communauté et au développement de sa mission au Liban.

 

St. Sauveur et Son Rayonnement

Dans la rédaction de ce petit aperçu sur l’histoire de St. Sauveur, il va de soi, que nous mentionnons deux évènements importants, en relation avec cette communauté:

 

I - La Fondation trappistine féminine :

A l’ombre de la fondation charismatique masculine des hommes, alla naître la communauté trappistine féminine, sous la direction et l’orientation du P. Joseph Fahd, fondateur de la communauté de St. Sauveur.

Dès le début de la présence trappiste au Liban, l’Eglise libanaise était plus intéressée par la mission trappistine, que par une simple communauté trappiste masculine. Dans ce sens, l’autorité ecclésiastique a bien signifié dès le début, la nécessité d’œuvrer à l’épanouissement de la vocation trappistine féminine aussi bien que masculine, chose qui a été prise en considération par les responsables.

En réalité, les vocations féminines à la vocation trappistine ont été aussi nombreuses que celles des garçons. La grâce de Dieu qui a patronné le cheminement des garçons allait de même aider à la croissance de la branche féminine, par les voies qui sont celles de la Divine Providence. Dès le début de sa fondation, la communauté a pris sa résidence à Kobayat - Akkar, Nord - Liban. www.trappistine.kobayat.net

Cette communauté féminine qui a frayé sa croissance sur les voies des douleurs de l’enfantement, de la Ste croix, est devenue une réalité ecclésiale évidente. Elle exerce, à l’exemple de la communauté de St. Sauveur un grand rayonnement dans la région, de laquelle elle reçoit estime et encouragement.

 

II - la localité de Kfarnoun

La communauté trappistine de St. Sauveur, sous la houlette de Latroun, notre maison fondatrice, a saisi dès le début, la nécessité d’une présence monastique au milieu des régions frontalières, qui souffrent de l’exode d’un grand nombre de jeunes et de familles, vers la diaspora.

Dans ce but, et grâce au dévouement de Latroun et d’un nombre de bienfaiteurs, la communauté a acquis une propriété sur la frontière du Nord Liban, un terrain de 70 hectares, en vue, non seulement, de l’installation future de la communauté, mais aussi en vue du développement d’un certain nombre d’activités et d’industries qui assureraient un plus grand nombre d’emplois aux habitants de la région, pour contribuer à assurer leur avenir et les fixer dans leur village d’origine.

Par la grâce de Dieu, les travaux ont déjà été lancés et nous engageons tous nos bienfaiteurs et les constructeurs du Royaume de Dieu à se joindre à nous pour témoigner ensemble d’un royaume où nous sommes tous les pierres vivantes du corps mystique du Christ, le Seigneur de la gloire.

 

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